Jean-Laurent Poli

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Jean-Laurent Poli a passé son enfance et son adolescence dans le « Lyon Presqu’île », plus précisément dans le quartier de Perrache coincé entre les deux fleuves de la ville qu’on désigne aujourd’hui du nom sage de « Confluences ». Ses premiers textes sont publiés dans des revues locales. À 20 ans, il monte à Paris avec l’appétit d’un Rastignac, travaille à des scénarios, écrit du théâtre et collabore à des journaux pour ne plus se consacrer qu’à la presse. Auteur de plusieurs ouvrages éclectiques (ainsi appelle-t-on les œuvres alimentaires) il écrit — plume de canard ou mine de rien — plusieurs nouvelles, une biographie de Yannick Noah aux éditions L’Archipel, un pamphlet contre les animateurs de télévision (Aléas) ou plus récemment un bilan de l’action du Président de la République (City).
Son deuxième roman Peut-on aimer une morte ? a obtenu le (prix Salondulivre.net 2012).

Entretien

Pourquoi avoir choisi une maison d’édition numérique ?
La question ne se pose plus. Il est évident que le livre numérique fait déjà partie du paysage. Au risque d’être exagérément optimiste, je pense que le livre numérique peut renouveler la littérature comme on constate depuis quelques années un véritable renouveau de la critique littéraire sur Internet. Cette vitalité est indéniable et trouve à s’exprimer sur les blogs et les sites d’écrivain. Par ailleurs, le livre numérique invite à d’autres modes de lecture, initie des changements dans sa pratique comme il accroît la proximité (la vraie) et encourage la communication (l’authentique).

Que penses-tu du faux débat qui existe en France aujourd’hui sur le livre numérique ?
Les éditeurs traditionnels qui hésitent à publier des livres non immédiatement rentables vont être bousculés par l’édition numérique et c’est une très bonne chose. La rapidité du médium permettra à certains auteurs de trouver leur public et cela profitera aux livres ambitieux. L’édition numérique obligera les éditeurs traditionnels à « aller chercher » les livres intéressants, à prendre des risques au lieu de crouler sous les manuscrits en souffrance plus ou moins recommandables sinon recommandés. Nous vivons l’interrègne…

Comment t’est venue l’idée d’écrire Peut-on aimer une morte ?
Je me promenais sur une terrasse qui domine l’Opéra Garnier. En regardant le bâtiment, je me suis mis à rêver à une enfance et une adolescence parisienne. En méditant, je tombais amoureux d’une Sylphide d’un genre particulier. Elle n’était pas seulement imaginaire, elle avait bel et bien existé, mais elle n’était plus de ce monde.

Alors, justement, je te pose la question : pourrais-tu aimer une morte ?
La réponse est dans le roman, mais je dirais que oui. Et pas n’importe quelle morte… il faut qu’elle soit aimable !

Depuis quand écris-tu ?
Depuis le déclenchement de cette tempête hormonale qu’on appelle l’adolescence.

Que t’inspire le temps qui passe ?
Une mélancolie nécessaire à mon travail.

N’as-tu pas l’impression aujourd’hui qu’une sorte d’opacité voile les esprits ?
Je pense que les choses ne sont faciles pour personne aujourd’hui, notamment pour les jeunes. Le narrateur de mon roman qui exerce la profession d’assureur fuit dans le cinéma la médiocrité de sa condition. Il est cinéphile donc, un peu à côté du réel, et son travail — il est assureur — l’oblige à anticiper constamment les ravages du temps qui passe ce qui le met hors du temps.

Parisien d’origine ou d’adoption ?
D’adoption.

As-tu peur de la mort ?
Je n’y pense guère dans le quotidien pourtant j’en parle dans mes textes.

Et une journée dans ta vie, c’est comment ?
Forcément un peu monotone quand on écrit. C’est lent, mais riche.

Et l’amour pour toi, c’est quoi ?
Quelque chose que tous ne rencontrent pas forcément. Quelque chose d’assez rare en fait et devant lequel nous ne sommes pas égaux.

Qu’aimes-tu faire en général ? Qu’aurais-tu aimé faire ? Qu’aimerais-tu faire ?
Écouter de la musique, jouer du piano comme Roger Muraro, chanter… avec une voix de baryton basse.

As-tu d’autres projets d’écriture ?
J’ai achevé un recueil de nouvelles que j’aimerais voir publié sous un titre incendiaire que je préfère taire pour le moment !

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