Frédéric Huet

Frédéric Huet

Frédéric Huet est né en 1973. Il a publié Papa a tort chez Balland en 1999 (collection de Guillaume Dustan) puis Ma vie ratée d’Amélie Nothomb (2009) et Utérus dans l’espace (2010) chez Anabet. Il habite Nantes et vit de petits boulots. LC publie son dernier roman Guillaume Dustan.

Entretien

Quand écris-tu ?
N’importe quand, mais pas tout le temps. Il m’arrive de ne pas écrire pendant plusieurs mois. Je ne sais pas si je réécrirai un jour.

Comment en es-tu arrivé à écrire ton premier roman ?
J’ai écrit d’autres choses avant. C’est venu petit à petit avec la lecture. J’ai d’abord écrit des poèmes vers 16-17 ans.

D’où t’est venue l’idée d’écrire ce roman ?
Par hasard. Mais aussi en lisant Quand j’avais cinq ans je m’ai tué de Howard Butten et La cicatrice de Bruce Lowery et aussi Les aventures du petit Nicolas de René Goscinny.

Guillame Dustan était-il un amant protecteur ?
Oui et non. Il pouvait se moquer totalement de l’autre. Et puis dans ses jours plus faciles, il devenait plus attentif. Mais c’est comme tout le monde, je crois.

Comment t’es-tu senti quand tu as posé sur le papier le dernier mot ?
Il n’y a pas de délivrance ou d’apaisement comme dans un travail en CDD. Quand on pose le dernier mot, il y a ensuite les corrections épuisantes qui durent des semaines et des semaines. Puis après il y a les questions des gens. Ça ne finit jamais. C’est pour ça que j’ai parfois envie d’arrêter. Ça vous poursuit tout le temps.

Guillaume Dustan, aujourd’hui, pour toi, c’est qui ?
Juste un souvenir et des livres. Je n’ai aucun problème avec son souvenir. Je ne pense pas à lui. Et je ne m’accroche pas à sa figure d’écrivain. Il est mort physiquement et mentalement pour moi. Ça serait trop glauque si je vivais dans le passé, non ! Je suis dans la vie présente. Mais il est vrai qu’il m’a apporté à un moment et que j’étais content de le rencontrer.

Que penses-tu des gays ?
Rien ! Il y a de tout ! Et de très beaux spécimens ! Mais ce que j’aime de moins en moins, c’est cette complication dans les rapports. Les hétérosexuels sont plus simples. Mais en même temps, ils n’ont pas eu à se poser la question liée à la découverte de leur sexualité. C’est normal pour eux.

Comment perçois-tu le communautarisme ?
C’est sympa quand ce n’est pas pratiqué de manière excessive. On a tous besoin de se regrouper, de se retrouver entre soi, entre personnes qui se ressemblent dans un monde qui vous exclut parfois. Mais après le communautarisme peut devenir trop sectaire, trop revendicatif. On a besoin de se mélanger aux autres, à tous les autres. Moi, je suis trop sauvage et solitaire pour me regrouper avec certains ou me mélanger à tout le monde, alors…

Tu vis aujourd’hui à Nantes, peux-tu nous en dire un peu plus sur ta vie ?
J’en peux plus ! C’est plat, sans trop d’intérêt à la longue. Mais où aller sans argent ? C’est la crise partout.

Qu’aimes-tu faire en général ?
Me lever tard, aller à la plage, bronzer, me balader, sortir, voyager dans l’idéal. Le farniente, quoi. Glander si vous préférez !

Raconte-nous un jour dans ta vie ?
Une rigolade dans une réunion hyper formelle et sérieuse. J’ai eu le fou rire quand quelqu’un est arrivé dans la salle où nous étions. Cette personne dénotait singulièrement avec le cadre, le reste. Elle était ridicule alors que tout le monde faisait comme si de rien n’était, la prenant au sérieux. Ça m’a fait beaucoup rire. J’ai dû prendre sur moi pour ne rien montrer ! J’en avais limite mal au corps pour cacher mon fou rire. Je n’ai plus ces fous rires…

Qu’aimes-tu le plus au monde ?
Le sexe.

Qu’est-ce qui te fait le plus peur ?
Mourir dans d’atroces souffrances et aussi ne pas avoir d’argent. On ne peut hélas rien faire sans, dans ce monde.

As-tu des secrets ? Pourrais-tu en partager un avec nous ?
Je suis simple. On me dit bizarre, étrange alors que je n’ai rien à cacher. Donc j’ai pas de secret !

As-tu des projets de roman ?
Oui, mais je crois que je vais arrêter tout ça. Ça sera mieux pour moi. C’est trop difficile à gérer l’écriture.

Qu’aimerais-tu faire ?
Jouer dans un film, avoir un petit rôle, j’aimerais beaucoup. Un film à la Téchiné ou à la Despente, un truc comme ça, un film d’auteur quoi.

Qu’est ce que tu aurais aimé être ?
Le néant. Pour ne plus penser et souffrir. Avoir la paix quoi.
 En fait, j’aurais aimé ne jamais naître.

C’est quoi la mort pour toi ?
Un sommeil sans rêves. Le black out. Mais personne ne sait vraiment.

Te fait-elle peur ?
Non. À part la souffrance, car je sais ce que c’est souffrir physiquement ou mentalement.

Et pour toi, l’amour, c’est quoi ?
De l’égocentrisme. C’est se valoriser aux yeux de quelqu’un qui a une certaine valeur à vos yeux. C’est en attendre certaines choses, c’est lui donner des choses en retour, mais c’est toujours par rapport à soi. Car rien n’est gratuit dans l’existence. L’altruisme est très rare chez l’homme.

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